L’incroyable histoire du champignon
Le champignon comestible, qu’il soit consommé comme délice gustatif ou à des fins médicinales est bien plus important qu'on ne le pense...

Introduction 

Truffe, morille, bolet, chanterelle, reishi, shiitake ; le champignon comestible, qu’il soit consommé comme délice gustatif ou à des fins médicinales, est l’objet de nombreuses fascinations anciennes et actuelles de la part des scientifiques et des mystiques. Pourtant, cet émerveillement ne date pas d’hier…  

C’est une vieille histoire

En effet, il existe depuis le Crétacé Inférieur (il y a environ 130 millions d’années), bien avant que les êtres humains n’évoluent sur cette planète. Les historiens supposent que le champignon faisait partie imminente de l’alimentation paléolithique de l’Homme primitif. De plus, il se trouve dans les écritures de beaucoup de civilisations anciennes, ajoutant ainsi plus de mystère à son image.

Par exemple, le grand philosophe grec Théophraste (372-227 avant J.-C.), a écrit sur la valeur alimentaire des champignons et les a traités comme « des plats royaux ». Les Égyptiens les considéraient comme un aliment réservé aux pharaons, les Grecs et les Romains de leurs parts les décrivaient comme la « nourriture des dieux » et ne les servaient que lors d’occasions festives. Les Chinois eux, véritables savants vis-à-vis de la phytothérapie et de la mycothérapie, croyaient de vieilles légendes qui faisaient du champignon des élixirs de longue vie.

Tant de magie, de puissance et de charme pour ce végétal cryptogame !

Le Moyen-Âge européen vit une multitude de folklores autour du champignon. Le plus fameux est probablement les « ronds de sorcières » ou « cercles des fées ». Ce phénomène, certes particulier, se traduit par le fait qu’un anneau de champignons se manifeste vers certains prés ou sous-bois. À l’époque, cette singularité stimula bien évidemment l’imagination des personnes : ces disques de végétation auraient été la trace laissée par les sorcières lors de leurs danses de sabbat ou auraient aussi pu être le portail menant au monde des fées.


Vers une mycologie plus accrue

Sous la grande Dynastie Ming, le médecin Li Shi Zhen (1518-1593) consacra la quasi-entièreté de sa vie à mettre en œuvre le Ben Cao Gan Mu. Ce traité sur des aliments thérapeutiques est en fait la continuité d’un autre ouvrage chinois bien plus ancien : le Shennong Ben Cao Jing. Ce dernier était essentiellement basé sur des mythologies – mixant ainsi savoirs scientifiques et superstitions.

Cependant, Li Shi Zhen s’efforça de supprimer les erreurs accumulées depuis des siècles dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Ainsi, la MTC avança d’un pas vers une science fondée et, avec elle, main dans la main, nos copains les champignons.

Du côté de l’Occident, il fallut attendre Charles de l’Ecluse (1526-1609), un botaniste et médecin flamand, pour que le champignon soit remis scientifiquement au goût du jour. Il publia la première monographie sur ce sujet et ouvrit donc la voie de la mycologie moderne.

En 1675, les travaux de Charles de l’Ecluse sont repris par un autre flamand ; Franciscus Van Sterbeek (1630-1693) qui écrit à son tour le premier guide sur les champignons. Par la suite, le suédois Carl Von Linné (1707-1778) révolutionne la biologie par la publication de Systema naturæ, la première vraie classification scientifique des mondes minéral, végétal et animal.

Un produit phare

Au XIXème siècle, toujours d’un point de vue occidental, le champignon commença à être considéré comme un produit noble par la Grande cuisine française. Les Américains suivirent cette tendance et l’aliment ne tarda pas à être la star des mets ; de la traditionnelle croûte aux champignons au plus subtil saupoudrage de truffe blanche sur un risotto en passant par le très prisé shiitake japonais, les champignons comestibles sont devenus en l’espace de quelques années un incontournable de la cuisine. 

Dans le passé, ils étaient souvent considérés comme des aliments exotiques et luxueux réservés à l’élite de la société. De nos jours, les champignons sont consommés tant par les riches que par les plus démunis – plus de barrières sociales pour notre ami de longue date !

Le champignon peut nous sauver !

En 1928, le biologiste anglais Alexander Fleming (1881-1955) isole à partir du micromycète Penicillium notatum, une certaine substance qu’il appellera « pénicilline ». Un jour en rentrant de vacances, il remarqua que ses boîtes de Petri avaient été contaminées par un champignon. Mais autour de celui-ci il existait une zone où les bactéries ne s’étaient pas développées. Il comprit rapidement que le champignon avait secrété une substance bactéricide. C’est ainsi qu’il découvrit le premier antibiotique permettant donc, quelques années plus tard, de sauver des milliers de vies lors de la Seconde Guerre Mondiale.


Inspiré par Alexander Fleming et la découverte de la pénicilline, le professeur japonais Akira Endo (1933-) s’intéressa à l’exploitation des propriétés d’autres produits dérivés de champignons. Il découvrit des métabolites fongiques qui bloquent la synthèse de cholestérol par inhibition de l’enzyme HMG-COA réductase. En 1970, il démontre que la mévastatine issue du micromycète Penicillium citrinum permet de diminuer le LDL-cholestérol (le mauvais cholestérol).

Grâce à ses nombreuses recherches, ses travaux ont permis l’invention de la classe des statines dans la prise en charge de l’hypercholestérolémie. Pour vous donner une idée de l’ampleur de la recherche, les statines font partie de nos jours d’un des médicaments les plus prescrits dans le monde !

Conclusion

Qu’on le mange, qu’on le vénère, qu’on le néglige ou qu’on l’étudie, le champignon est bien plus pour l’Homme qu’une simple plante charnue. Non. Il fait nettement partie de notre savoir-faire et savoir-vivre. De plus, il semblerait qu’il ne nous a pas tout dit…

Un brillant avenir

En effet, à l’heure d’aujourd’hui, le champignon est l’étoile montante des composants de produits thérapeutiques et/ou cosmétologiques et ce notamment grâce à leurs abondantes vertus (anti-inflammatoire, stimulant nerveux, anti-stress, etc.). Une énorme convoitise depuis quelques années tourne autour des champignons ; peuvent-ils guérir du cancer ? Quels autres composants médicinaux possèdent-ils ? Sont-ils capables de remplacer la viande ?

Une chose est certaine, le champignon est un être vivant qui a marqué, qui marque et qui continuera à marquer l’Histoire et qui ne cessera de nous cacher des surprises.

Kent poète de Nutriyado 25 janvier, 2024
Partager ce poste
Archiver
Se connecter pour laisser un commentaire.
Reishi : le champignon de l’immortalité ?